Optimiser la RAM sous Bazzite, sans ramdam (tu l’as?)

L'avare de la RAM

Pourquoi ta mémoire fait la grève (et pourquoi ce n’est peut-être pas un problème)

Avant de te lancer dans une chasse aux processus sous comme un administrateur en slip pleine panique au milieu de la nuit, pose-toi cette question simple : est-ce que ta mémoire réellement manque — ou est-ce que Linux joue juste son rôle comme il faut ? Sous Linux, la gestion de la RAM repose sur un principe élégant (et trop souvent mal compris) : « Utilise tout ce qui est libre… jusqu’à ce qu’on en ait besoin. » Autrement dit, le noyau ne laisse pas la mémoire se rouiller dans un coin. Il la remplit avec des caches utiles (page cache, dentries, inodes), prêts à céder la place instantanément dès qu’une application frappe à la porte. Ce n’est pas un gaspillage — c’est de l’optimisation intelligente.

Alors oui, free -h peut te montrer 95 % de RAM utilisée et te faire sursauter. Mais regarde plutôt la colonne available : c’est elle qui compte. Si ce chiffre reste confortable (disons >1,5 Go sur un système bureautique), ton système respire. Et si tu utilises Bazzite, la distribution Linux conçue pour les jeux et les workstations modernes (basée sur Fedora Silverblue + OSTree), tu bénéficies déjà d’un noyau récent, d’un gestionnaire de paquets immuable… et d’un comportement mémoire encore plus prévisible. Pas besoin de bidouiller au premier « Oula, j’ai 4 Go libres sur 32 ».

Trois gestes concrets pour libérer — quand c’est vraiment utile

Quand ton available chute dangereusement bas (ou que tu vois kswapd0 travailler comme un forçat à 100 %), là, oui, il est temps d’agir. Mais pas avec des outils magiques ou des scripts copiés-collés depuis un forum de 2013. Voici ce qui fonctionne maintenant, sous Bazzite, sans casser l’immuabilité.

D’abord, libérer les caches utilisateur — sans danger, car ils sont non essentiels :

Bash
sudo sync && echo 3 | sudo tee /proc/sys/vm/drop_caches  

Ce n’est pas une panacée, mais ça vide proprement le page cache, les inodes et les dentries. Ensuite, vérifie les consommateurs cachés avec btop++ ou htop (installe-le via toolbox enter && sudo dnf install htop) : cherche les apps qui bouffent la mémoire en silence (un navigateur avec 87 onglets, un IDE en mode « je t’aime trop », ou pire : un conteneur Flatpak qui a oublié de rendre ses pages). Tu peux aussi désactiver temporairement les services gourmands si tu n’en as pas besoin tout de suite avec cette commande :

Bash
systemctl --user stop pipewire-pulse.socket

Et surtout : ne touche pas à vm.swappiness à l’aveugle. Sous Bazzite, qui utilise souvent un disque rapide (NVMe) et une quantité généreuse de RAM, une valeur trop basse peut nuire aux performances globales. 10 reste un bon compromis — pas 1, pas 60, pas « parce que le tuto X l’a dit ». L’optimisation, c’est de l’observation, pas de la sorcellerie.

Et si on allait plus loin ? (Sans tomber dans le piège de la « sur-optimisation »)

Tu veux aller au-delà ? Parfait — mais avec méthode. Commence par surveiller en continu avec :

Bash
watch -n 2 'free -h && echo && cat /proc/meminfo | grep -E "MemAvailable|Cached|SwapFree"'

Cela te donne une vue vivante, pas une photo floue prise à 3h du matin. Ensuite, identifie les vrais fuites : un service Flatpak mal écrit, une extension GNOME qui tourne en boucle, ou un container Podman qui garde des processus zombies. Utilise ces commandes pour creuser :

Bash
podman ps -a
flatpak list --app --columns=application,branch,runtime
journalctl --user -u --since "1 hour ago"

Enfin, retiens ceci : Bazzite n’est pas une version « Linux light » — c’est une version pensée. Son modèle immuable protège ta stabilité, mais il demande un peu plus de conscience système. Plutôt que de vouloir « optimiser » à tout prix, apprends à collaborer avec ton noyau. Libérer de la mémoire, ce n’est pas vider un seau — c’est ajuster un robinet. Et parfois, le meilleur réglage, c’est de laisser couler.

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Cédric Ougier

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