Rage Bait & RageCheck : Comment le web hacke votre colère (et comment riposter)

Rage Bait

Vous est-il déjà arrivé de scroller sur votre téléphone, de tomber sur une vidéo de cuisine absolument aberrante (qui fait cuire des pâtes dans du lait ?) ou sur un tweet scandaleux, et de ressentir une envie irrépressible de hurler en commentaire . Oui, félicitations : vous êtes une victime consentante du Rage Bait.

Dans ce nouvel article du Routard IT, on décrypte cette mécanique toxique qui a proliféré ces dernières années, qui envahi nos fils d’actualité et on découvre un outil, RageCheck, qui pourrait bien être le compteur Geiger de notre santé mentale numérique.

Le Rage Bait : L’art de vous mettre en rogne

Le « Rage Bait » (littéralement l’appât à la rage), c’est le cousin maléfique du Clickbait. Là où le Clickbait vous ment pour vous faire cliquer, le Rage Bait vous dit la vérité, mais une vérité conçue pour vous faire sortir de vos gonds.

Pourquoi ça marche ?

C’est de la pure psychologie exploitée par des algorithmes. Sur TikTok, X ou Facebook, les plateformes ne font pas la différence entre un commentaire qui dit « J’adore » et un autre qui dit « C’est n’importe quoi, supprime ça ». Pour l’algorithme, Colère = Engagement.

Un contenu qui énerve génère plus de réactions qu’un contenu qui instruit. Les créateurs l’ont compris et inondent le web de :

  • Faux fails de bricolage : Où l’on voit quelqu’un peindre un mur avec une chaussette.
  • Cuisine de l’enfer : Du gaspillage alimentaire volontaire pour vous faire réagir.
  • Opinions polarisantes : Des avis tranchés et absurdes juste pour lancer des guerres en commentaires.

Le but ? Vendre votre « temps de cerveau disponible » et énervé aux annonceurs.

La Riposte Tech : RageCheck et la mesure de la toxicité

Heureusement, là où la tech crée un poison, la communauté IT cherche souvent l’antidote. C’est là qu’intervient le concept derrière des outils comme RageCheck.

L’idée est fascinante : utiliser l’IA non pas pour générer du contenu, mais pour analyser la charge émotionnelle de ce que nous consommons.

Comment ça fonctionne ?

Tout simplement coller l’URL du post ou de l’article à tester sur ragecheck. Ces outils analysent le texte d’un article ou la structure d’un post pour détecter des marqueurs de manipulation :

  1. Langage anxiogène : L’article essaie-t-il de vous faire peur sans raison ?
  2. Mots déclencheurs : Utilise-t-il des adjectifs extrêmes (« Humiliant », « Catastrophique ») pour des faits banals ?
  3. Appel à l’engagement forcé : Est-ce formulé pour vous obliger à prendre parti ?

Le résultat est souvent un « score de toxicité ». C’est un excellent moyen de prendre du recul. Avant de partager cet article qui vous a mis hors de vous, passez-le au crible. Si le score de toxicité est élevé, vous savez que vous êtes manipulé émotionnellement. (de 0 à 33 c’est bon de 34 à 66 on essaye de vous manipuler et au-dessus c’est du foutage de gueule assumé).

Le conseil du Routard IT : L’hygiène numérique

Au-delà des outils, la meilleure défense reste votre comportement. Le Rage Bait ne fonctionne que si vous jouez le jeu.

Voici la règle d’or pour survivre dans cette jungle : Don’t Feed The Trolls (ne nourrissez pas les trolls).

Face à un contenu qui semble volontairement stupide ou provocateur :

  • Ne commentez pas (même pour corriger l’erreur).
  • Ne partagez pas (même pour vous moquer avec vos amis).
  • Bloquez ou masquez (ou sélectionnez « Pas intéressé »).

La prochaine fois que vous sentez la colère monter devant un écran, demandez-vous : « Est-ce une vraie info, ou est-ce juste un appât ? ».


Et vous, avez-vous déjà failli jeter votre téléphone devant une vidéo de « Food Porn » dégoûtante ? Dites-le-nous en commentaire (promis, on ne cherche pas à vous énerver !).


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