Bazzite vs Windows : Le guide de survie du Dual Boot (ou comment j’ai failli tout casser) – Chapitre 2

Bazzite DualBoot Chap2

C’est le grand jour. Le jour J. Celui où l’on arrête de tourner autour du pot (et des ISO) pour passer aux choses sérieuses. Après un premier chapitre consacré à la préparation psychologique et matérielle, il est temps de mettre les mains dans le cambouis numérique.

Aujourd’hui, on installe Bazzite en Dual Boot à côté de Windows 11.

Spoiler alert : tout ne s’est pas passé exactement comme prévu. Entre sueurs froides, partitions capricieuses et un écran bleu qui n’était pas celui de la mort (mais presque), voici le récit de mon installation. Attachez vos ceintures, on passe en mode « écrasement de données » (mais pas trop quand même).

L’avant-match : La frayeur du disque dur

Avant même de brancher la clé USB, j’ai eu le droit à une petite montée d’adrénaline gratuite. Vous vous souvenez du redimensionnement de mon disque dur mécanique pour faire de la place aux jeux Linux ?

Eh bien, disons que les données n’ont pas super bien vécu le déménagement. C’est un peu comme secouer une bibliothèque : les livres sont toujours là, mais certains sont tombés par terre. Résultat ? Certains logiciels ne répondaient plus et Steam tirait la tronche.

La solution ? Un bon vieux chkdsk (Check Disk) sous Windows pour remettre les secteurs d’aplomb, suivi d’une vérification de l’intégrité des fichiers sur Steam. Quelques gigas retéléchargés plus tard, tout était rentré dans l’ordre. Leçon n°1 : Faites toujours vos sauvegardes. Toujours.

Étape 1 : Le piège de la clé USB (Lisez bien ceci !)

Allez, on y va. Je désactive le Secure Boot dans le BIOS (on y reviendra, c’est important pour la fin) et je plug ma clé USB contenant Bazzite. Je démarre, je spamme la touche F12 pour le menu de boot, et je vois ma clé. Je clique.

Et là… CATASTROPHE. 🚨

L’installateur se lance, j’arrive au partitionnement, et il me demande de créer une partition bizarre nommée « biosboot ». Si vous voyez ça : ARRÊTEZ TOUT. Ne cliquez pas sur « Suivant ». Fuyez.

Pourquoi ? Parce que j’avais démarré ma clé en mode « Legacy » (Vieux BIOS) au lieu du mode UEFI. Si j’avais continué, Bazzite se serait installé à l’ancienne et n’aurait jamais vu mon Windows 11 (qui lui, est moderne, en UEFI). J’aurais fini avec un système bancal incapable de lancer Windows.

La solution : Reboot, retour au menu F12, et cette fois, bien ouvrir les yeux. Il y a souvent deux lignes pour la même clé. Il faut impérativement choisir celle qui commence par [UEFI] : Ma Clé USB. Une fois sur le bon mode, Ctrl+R (vous vous en souvenez?), et l’installation reprend. Ouf.

Étape 2 : L’art délicat du partitionnement (Faisons ça proprement)

On arrive au moment critique : La Destination. Pas question de laisser l’installateur faire n’importe quoi (« Effacer tout le disque » ? Non merci !). On choisit Personnalisé (Custom).

Voici ma recette pour une cohabitation saine et durable entre Windows et Bazzite. On oublie l’idée de réutiliser la partition EFI de Windows (trop petite, trop risquée). On fait du sur-mesure.

1. La partition EFI (/boot/efi) – 300 Mo à 600 Mo

J’ai créé une nouvelle partition EFI dédiée à Bazzite.

  • Pourquoi ? Windows crée par défaut une partition de 100 Mo. C’est ridiculeusement petit. Bazzite a besoin de place. De plus, lors des grosses mises à jour Windows, Microsoft a la fâcheuse tendance à « nettoyer » sa partition EFI, ce qui peut écraser le démarrage de Linux. En séparant les deux, on dort tranquille. Chacun chez soi, et les moutons seront bien gardés.

2. La partition de démarrage (/boot) – 2 Go (Format ext4)

C’est là que Bazzite diffère d’un Linux classique (Ubuntu ou Mint). Bazzite est un système « Atomique » (basé sur Fedora Silverblue).

  • Kézako ? En gros, lors d’une mise à jour, il ne remplace pas les fichiers un par un. Il télécharge une nouvelle image complète du système et la garde à côté de l’ancienne. Si la mise à jour plante, vous pouvez redémarrer sur la version de la veille. C’est génial, mais ça prend de la place !
  • Le conseil : 1 Go est le minimum vital. Mettez 2 Go pour être large et ne jamais être bloqué dans le futur.

3. La racine (/) – Tout le reste (Format Btrfs)

Tout l’espace restant va ici. Pas besoin de créer des partitions /home ou /var séparées, l’installateur va créer des « sous-volumes » Btrfs tout seul comme un grand.

  • Et le Swap ? Avec mes 64 Go de RAM, c’est inutile. Si vous avez 16 Go ou moins, laissez-le en gérer un petit peu, mais dans mon cas : au revoir.

Étape 3 : Utilisateur et Finition

La création de l’utilisateur est rapide, mais attention aux détails :

  1. Nom d’utilisateur : Faites simple. Minuscules, pas d’espaces, pas de caractères spéciaux. On évite « Jean-Michel Du 35 ». nico ou gamer, c’est parfait.
  2. La case sacrée : Cochez absolument « Make user administrator ». Sinon, vous ne pourrez rien installer (et vous pleurerez).
  3. Compte Root : Ignorez-le. On n’utilise plus le compte « Dieu » en direct en 2025, on utilise sudo avec son propre compte.
  4. Auto-login : J’ai coché « Oui ». C’est un PC de jeu qui reste à la maison, je veux que ça démarre direct sur l’interface type console. (À éviter sur un portable qui voyage, question de sécurité).

L’installation se termine, ça redémarre… et là, le moment de vérité.

La Gestion du Démarrage : La Paix des Ménages

Mon objectif est clair : je ne suis pas le seul à utiliser ce PC. Ma femme ou mes enfants ne doivent pas être accueillis par un écran noir avec du texte blanc (GRUB) leur demandant de choisir entre « Bazzite 40.23 » et « Windows Boot Manager ».

Je veux que le PC démarre sur Windows par défaut, comme avant.

Deux écoles s’offrent à vous :

  1. La méthode GRUB : On bidouille des fichiers de config sous Linux pour dire au menu de se lancer sur Windows après 5 secondes. C’est faisable, mais un peu technique.
  2. La méthode BIOS (Ma préférée) : Je suis allé dans le BIOS de ma carte mère, et dans l’ordre de boot, j’ai remis « Windows Boot Manager » en premier.

Résultat : Le PC démarre sur Windows automatiquement. Incognito. Et quand JE veux jouer sur Bazzite ? Je tapote la touche F12 (ou F11/F8 selon les PC) au démarrage pour choisir mon disque Linux. C’est propre, simple, et ça évite les appels du style « Chéri, pourquoi l’ordinateur me demande des trucs en anglais ? ».

Post-Install : La configuration du « Disque Jeux »

Une fois sous Bazzite (l’interface est magnifique, on dirait un Steam Deck géant), il faut reconnecter mon disque dur mécanique de 2 To pour y mettre les jeux.

J’ouvre l’application Disques (Gnome Disks), je repère mon espace libre de 300 Go préparé au chapitre 1.

  • Formatage : Je choisis BTRFS. C’est le format recommandé pour le gaming sous Linux (compression transparente, rapidité). Je le nomme JeuxLinux.
  • Montage Automatique : C’est crucial. Dans les options de montage (la petite roue crantée), je décoche « Par défaut » et je coche « Monter au démarrage ». Je lui donne un point de montage propre : /mnt/JeuxLinux.

Ensuite, direction Steam > Paramètres > Stockage > Ajouter un lecteur. Je pointe vers /mnt/JeuxLinux et voilà ! Steam est prêt à remplir le disque.

La touche « Polish » : Rendre GNOME sexy

Bazzite tourne sous GNOME. C’est beau, mais c’est un peu déroutant quand on vient de Windows. Heureusement, le Software Center (le Bazaar sous Bazzite) et l’extention manager sont là. J’ai installé quelques indispensables pour me sentir chez moi :

  • Dash to Dock : Pour avoir une barre des tâches (dock) fixe en bas, et pas seulement quand on appuie sur la touche Windows.
  • HydraPaper : Indispensable si vous avez deux écrans, pour gérer des fonds d’écran différents sur chaque moniteur.
  • Vitals : Une petite extension géniale qui affiche la température du CPU, l’utilisation de la RAM et les FPS directement dans la barre du haut.

A vérifier mais elles étaient déjà installées, Tiling Assistant (pour que les fenêtres se collent sur les quarts d’écran comme sous Windows 10) et AppIndicator (pour voir les petites icônes Discord ou Steam en haut à droite). Avec ça, l’interface est aussi belle que macOS et aussi productive que Windows.

Le Boss Final : Secure Boot & MOK Manager 🛡️

Tout est parfait ? Presque. Souvenez-vous, on a désactivé le Secure Boot au début. On pourrait rester comme ça… Sauf si vous jouez à Valorant ou FIFA sur Windows. Leurs anti-cheats (Vanguard & co) sont paranoïaques et exigent que le Secure Boot soit activé.

Il faut donc le réactiver, mais en faisant accepter Bazzite par la carte mère. C’est là qu’on sort le terminal et qu’on tape la commande magique : ujust enroll-secure-boot-key

Le système demande un mot de passe temporaire. Conseil d’ami : mettez 1234. Pourquoi ? Parce qu’au redémarrage, vous allez tomber sur un écran bleu archaïque (MOK Manager) où votre clavier sera… en QWERTY. Si vous tapez « azerty », l’ordinateur comprendra « qwerty » et ça ne marchera pas. Avec « 1234 », vous êtes sûrs de votre coup.

La manip « MOK » :

  1. Au reboot (écran bleu), choisir Enroll MOK.
  2. Continue.
  3. Yes.
  4. Entrer le mot de passe (1234).
  5. Reboot.

Une fois fait, retournez dans le BIOS, remettez Secure Boot sur Enabled. Et là, miracle : Bazzite démarre (il est reconnu !) et Windows aussi (Valorant est content !).

Note : Si vous loupez le coche et que vous retombez sur MOK Manager sans avoir défini de mot de passe, le code par défaut est universalblue.

Conclusion

Voilà, l’installation est terminée ! Bazzite ronronne, Windows ne boude pas, et mes disques sont prêts à chauffer. J’ai déjà Firefox, l’imprimante, et tous les launchers (Steam, Epic, GOG via Heroic Launcher) prêts à l’emploi.

Dans le Chapitre 3, on parlera de l’utilisation au quotidien : est-ce que ça marche vraiment aussi bien qu’un Steam Deck ? Quels sont les jeux qui coincent ? Comment on gère les mises à jour « atomiques » ?

Restez connectés, le test grandeur nature commence maintenant !

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