Comment j’ai transformé mon vieux Raspberry Pi en VPN WireGuard

PiVPN.Wireguard.Raspberry

Vous avez un vieux Raspberry Pi qui prend la poussière ? Vous avez besoin d’accéder à des dossiers partagés sur un NAS pour les consulter en déplacement, sans ouvrir des failles béantes dans votre sécurité ? J’ai testé pour vous la mise en place d’un tunnel VPN personnel avec WireGuard, et le résultat est bluffant : accès sécurisé à mes fichiers, streaming vidéo via Jellyfin, le tout depuis un hôtel à des kilomètres de chez moi !

Voici comment monter votre propre passerelle sécurisée sans passer par des services tiers.

Pourquoi cette solution ?

Contrairement aux solutions classiques (type Tailscale ou services tiers), cette méthode ne nécessite aucun compte SSO (Google, Microsoft, etc.) et aucun abonnement. Vous êtes le seul maître des clés. Avec Tailscape par exemple, votre compte Gmail ou Outlook volé, c’est libre accès à votre réseaux domestique, quand on connait la manière dont certains laissent leurs identifiants trainer…

Le matériel nécessaire

  • Un vieux Raspberry Pi (un modèle B de 2012 suffit !).
  • Une carte SD (4 Go minimum).
  • Un accès à l’interface de votre Box internet.

Étape 1 : Préparation du système (OS Lite)

Pour redonner vie à un vieux Pi, il faut rester léger.

  1. Flashez Raspberry Pi OS Lite (sans interface graphique) sur votre carte SD via Raspberry Pi Imager.
  2. Dans les options avancées, activez le SSH, créez votre utilisateur et configurez votre hostname (ex: monVPN).
  3. Insérez la carte et branchez le Pi en Ethernet à votre réseau local.

Étape 2 : L’installation magique avec PiVPN

Une fois connecté en SSH à votre Pi, mettez à jour le système (sudo apt update && sudo apt upgrade) puis lancez l’installateur automatisé de PiVPN (comme son nom l’indique c’est un VPN optimisé pour les raspberry PI, il gère le protocole OpenVPN mais aussi WireGuard) un assistant va s’ouvri ensuite pour la configuration :

Bash
curl -L [https://install.pivpn.io](https://install.pivpn.io) | bash

Points clés de la configuration :

  • Protocole : Choisissez WireGuard (plus moderne et léger qu’OpenVPN).
  • Port : Laissez le port par défaut 51820.
  • DNS : Choisissez un fournisseur sécurisé (Cloudflare 1.1.1.1 ou Google 8.8.8.8).
  • Public IP/DNS : Si vous avez une IP dynamique, utilisez votre nom de domaine (type DuckDNS).

Étape 3 : Ouvrir la frontière (Le Port Forwarding)

Votre Box bloque les connexions entrantes. Il faut créer une « porte » :

  1. Connectez-vous à l’interface de votre Box (Bbox, Freebox, etc.).
  2. Allez dans la section NAT/PAT.
  3. Redirigez le port 51820 (UDP uniquement) vers l’adresse IP locale de votre Raspberry Pi.

Étape 4 : Créer vos accès

Pour connecter votre PC portable ou votre smartphone, il faut générez un profil :

  1. Tapez pivpn -a dans la console du Pi.
  2. Donnez un nom au profil (ex: Portable).
  3. Pour récupérer la config :
    • Sur PC : Affichez le contenu avec cat /home/votre_user/configs/Portable.conf et copiez-le dans le logiciel WireGuard.
    • Sur Mobile : Tapez pivpn -qr pour afficher un QR Code à scanner avec l’application.

Attention ce fichier .conf est votre clef pour rentrer, il n’est pas à partager ou à laisser trainer sur une clef USB. Voici quelques commandes utiles pour PiVPN :

Bash
pivpn -l ## pour voir les profils enregistrés

pivpn -c ## pour lister les clients connectés

pivpn -u ## pour désinstaller PiVPN

Étape 5 : Bonus – Protéger sa carte SD

Sur une petite carte SD de 4 Go, les écritures de logs système peuvent réduire la durée de vie. Installez Log2Ram pour forcer l’écriture des journaux dans la mémoire vive plutôt que sur la carte :

Bash
sudo apt install log2ram

Verdict

Testé depuis le Wi-Fi d’un hôtel : mon NAS est apparu instantanément dans mon explorateur de fichiers. La vidéo via Jellyfin est fluide et, surtout, je sais que mes données ne transitent par aucun serveur tiers. Coût de l’opération, vingts minutes de boulot, 2€ d’électricité par an si je le laisse allumé 24h/24h, ça le fait, non?

C’est la victoire de la récup’ et du logiciel libre !

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